LEMARCHAND Jacques
Romancier et critique dramatique français.
Entré chez Gallimard en 1943, il partage un bureau avec Camus qui lui demande d'assurer la rubrique « théâtre » dans Combat. En 1950, il est engagé au Figaro puis au Figaro littéraire. À une époque où la critique théâtrale est majoritairement entre les mains de traditionalistes, cultivés certes (R. Kemp) mais bardés d'œillères (Gautier), Lemarchand représente pour les auteurs nouveaux (Ionesco) ou marginaux (Cousin) une caution intellectuelle et, plus encore, un intermédiaire actif entre les artistes et les pouvoirs : il préface le premier volume de Ionesco (Gallimard, 1954), il fait publier Cousin par Gallimard ; il intervient pour défendre Dullin, en 1947, quand on l'évince du Théâtre de la Cité (campagne de presse lancée sous le titre : « Paris chasse Dullin ») ; il est aux côtés de Schehadé et de Barrault quand Histoire de Vasco, en pleine guerre d'Algérie (1956), fait scandale par son prétendu antimilitarisme. Attentif au devenir des jeunes metteurs en scène de province, il fait connaître Planchon et son Professeur Taranne (1953) et il aide considérablement Maréchal à ses débuts, notamment en le poussant à monter des textes de forte écriture comme Cripure de Louis Guilloux (1967).
Moderniste mais sans emportement, amateur de belle littérature dramatique mais sensible à toutes les métamorphoses que le plateau impose aux textes, Lemarchand a tenu pour les hommes de théâtre, notamment pendant la décennie 1950-1960, le rôle d'une conscience fraternelle. Ses critiques de La Danse de mort, mise en scène par Vilar (Combat, 1945), de La Grande et la Petite Manœuvre d'Adamov mis en scène par Serreau (Le Figaro littéraire, 1950), de Godot mis en scène par Blin (Le Figaro littéraire, 1953) n'ont pas pris une ride.
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle