CAMUS Albert

Mondovi (Algérie), 1913 - Villeblevin, 1960

Écrivain, essayiste et publiciste français dont le renom a été au départ lié à l'existentialisme.

Parallèlement à son œuvre philosophique, journalistique et surtout romanesque, il a fait représenter cinq pièces ainsi que plusieurs adaptations. Du début à la fin de sa vie, le théâtre a été pour lui une forme essentielle de la création : la diversité dramaturgique, quasi expérimentale, de ses pièces le montre bien.

Issu d'une famille ouvrière très modeste, Camus est toujours resté fortement marqué par ses origines. Le soleil, la mer, le sport, l'esprit d'équipe, le goût de la vie de groupe, la politique (il adhère quelque temps au Parti Communiste en 1934) et, résumant le tout, le théâtre constituent alors son expérience. Il fonde en 1936 le Théâtre du Travail pour lequel il rédige en collaboration sa première pièce : Révolte dans les Asturies qui, autour du thème contemporain de l'insurrection des mineurs espagnols en 1934, représente une première tentative de création collective. Acteur lui-même une année durant dans la troupe itinérante de Radio-Alger, il devient journaliste et milite pour une transformation libérale du régime colonial.

À Paris dès 1940 et engagé dans la Résistance, il publie successivement un roman, L'Étranger, et un essai, Le Mythe de Sisyphe, deux textes fondateurs de la notion existentialiste d'absurde. Leur transposition scénique est Le Malentendu, créé aux Mathurins en 1944 après la Libération par Casarès et Herrand. Un an plus tard est représentée au Théâtre Hébertot une pièce commencée en 1937, Caligula, qui consacre Philipe. Le succès de son roman, La Peste, en 1947, l'incite à écrire avec Barrault L'État de siège où le même sujet est cette fois traité dans une dramaturgie lyrique et symboliste qui donne la première place au personnage collectif. L'échec est d'autant plus surprenant que le spectacle avait été superbement monté. L'accueil est meilleur en décembre 1949 pour Les Justes où triomphent Casarès et Serge Reggiani. Le théâtre commence à devenir alors pour Camus une activité de plus en plus prenante. En tant qu'adaptateur, parfois comme metteur en scène et même comme acteur, il fait jouer successivement au Festival d'Angers ou à Paris La Dévotion à la croix et Les Esprits (1953), Un cas intéressant (1955), Requiem pour une nonne (1956), Le Chevalier d'Olmedo (1957) et Les Possédés (1959). Il songeait à prendre la direction d'un théâtre lorsqu'il mourut dans un accident de voiture.

Outre la personnalité considérable de Camus dans les lettres et la pensée de notre temps, son théâtre vaut d'abord par sa variété expérimentale. Aucune de ses pièces, dramaturgiquement, ne ressemble aux autres : Caligula tient du drame romantique, L'État de siège rappelle la tragédie grecque ou l'oratorio claudélien, Le Malentendu et Les Justes, par leur dépouillement, font penser à la tragédie classique. Pas d'autre formule pour Camus dramaturge que celle dont il a sur le moment besoin. Son théâtre vaut aussi par l'intensité de l'engagement politique. Absurde des années quarante dans ses premières pièces, révolte contre le totalitarisme dans L'État de siège, problème du terrorisme politique et du meurtre dans Les Justes, les grandes questions de notre époque habitent ce théâtre et l'informent de l'intérieur. Enfin la joie du jeu est partout dans ces textes, celle de Camus acteur et metteur en scène, faisant l'essai des situations et des êtres, si bien que son dernier récit, La Chute, formé de plusieurs monologues d'un unique personnage qui lui ressemble, peut être considéré comme son ultime pièce et son testament théâtral. Camus reçut le prix Nobel de littérature en 1957.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
09/02/2024

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