Nos options

Rendre compte sous ces angles multiples de toute l’activité théâtrale des origines à nos jours et en tous pays aurait exigé, on s’en doute, beaucoup plus qu’un volume de 1 500 pages, même s’il contient dix millions de signes ! Des choix se sont donc imposés, les uns délibérés, les autres nécessités par la place impartie. Délibérément ont été limitées les entrées concernant la période tout à fait contemporaine, notamment française, et plus généralement les monographies d’auteurs et d’acteurs. Le principe a été de ne pas courir après l’actualité, de laisser à des personnalités en pleine activité créatrice le temps de réaliser leur oeuvre avant de les immobiliser dans une notice de dictionnaire ; de ne pas, non plus, accorder une place excessive à la littérature dramatique classique, maints ouvrages permettant de s’informer dans ce domaine ; en un mot d’éviter une approche trop franco-centriste et trop actuelle du théâtre.

Le Dictionnaire n’est pas un palmarès mais un instrument de travail : au service d’une ouverture internationale (plus du tiers de l’ouvrage est consacré à l’étranger, notamment à l’Europe occidentale) et soucieuse de faire connaître des formes  marginales du théâtre (théâtres expérimentaux, rituels, populaires, ouvriers) sans pour autant pouvoir accorder aux formes strictement parathéâtrales (le cirque, les marionnettes, le music-hall, l’opéra, le ballet…) plus que quelques articles de rappel ou de synthèse rapide. Mais à l’intérieur de ce cadre, si l’on veut bien sortir du champ étroit du théâtre écrit occidental, les possibilités d’investigation sont immenses : il n’en est proposé ici, évidemment, que quelques-unes.

Quant à l’option générale, elle résulte de l’ambition que l’on croit être celle du théâtre : offrir à l’intelligence et à la sensibilité des spectateurs des formes, des langages, des messages qui fassent preuve d’invention forte. C’est au nom de cette exigence de qualité que le tout-venant du théâtre de divertissement a été réduit à la portion congrue.