PERINETTI André-Louis
Metteur en scène et directeur de théâtre français.
Ses études juridiques et économiques ne le destinaient pas au théâtre. Il est admis en 1962 comme stagiaire à l'Université du théâtre des Nations ; il en deviendra directeur en 1966. Engagé par Serreau pour diriger le théâtre du Pavillon de Marsan, Périnetti sera de plus en plus étroitement associé à ses activités de création. Il y fera ses premières mises en scène (L'Événement de Foissy, Rapport pour une académie de Kafka, Le Fichier de Rosewicz).
Malraux avait envisagé d'installer un centre culturel à la Cité Universitaire Internationale. La direction est confiée, en… mai 1968, à Périnetti. Il y accueille ses amis de l'Université du théâtre des Nations : Victor Garcia, Lavelli, Patte ; il y promeut le Grand Magic Circus de Savary. La quasi-totalité de ses programmes est consacrée à la révélation d'œuvres contemporaines. Il met en scène des œuvres de Havel (Le Rapport dont vous êtes l'objet), de Jean Thénevin (Octobre à Angoulème), Serge Béhar (Adieu Véronique, Babel 75…). Le théâtre de la « Cité U » devenu insuffisant pour accueillir une production aussi foisonnante, Périnetti aménage de nouveaux espaces : la Galerie, la Resserre, le Jardin. Le remue-ménage qu'occasionne ce bouillonnement crée quelques tensions avec les autorités universitaires : Périnetti démissionne en 1972.
Nommé par Jacques Duhamel à la direction du TNS (Théâtre National de Strasbourg), il y montera notamment Le Roi sauvage de Behar et Les Ressources naturelles de Laville. En 1974, il est préféré à Jack Lang par Michel Guy pour prendre la direction du Théâtre National de Chaillot. Ce qui fait grand bruit. Les travaux de conversion de ce qui avait été le TNP de Vilar en un complexe transformable (voulu par Lang) n'étant pas achevés (ils ne le seront qu'à l'automne 1975), les premiers spectacles seront présentés hors les murs. La saison 1975-1976, la première de plein exercice, propose des concerts de jazz et de musique classique et contemporaine (création de Futuristie de Pierre Henry), des récitals, des spectacles chorégraphiques (dont Notre Faust de Béjart) et de variétés, ainsi qu'une importante programmation cinématographique et une téléthèque ; dans le grand théâtre, Divines paroles de Valle-Inclan, mise en scène de Victor Garcia. La salle Gémier est consacrée à la création d'œuvres d'auteurs vivants d'expression française, dont Ribes et René Ehni (Jocaste, mise en scène de Périnetti).
La suite illustrera la discontinuité de la politique culturelle de l'État (dix ministres ou secrétaires d'État l'ont conduite de 1969 à 1981) ainsi que les luttes de pouvoir entre les ministères de la Culture et des Finances. Dès juillet 1976 le théâtre de Chaillot est interdit de création, donc cantonné à des accueils, au mépris de son statut. Cette décision, prise à titre temporaire, « afin de transformer la nature de ses activités et les conditions de sa gestion » sera reconduite, d'année en année, jusqu'en 1981. Durant tout ce temps Périnetti, mettant en coproduction, notamment avec Planchon, Lassalle, Besson, Savary ou le Festival d'Automne, la logistique (salle et ateliers) dont il dispose, réussira à sauvegarder la continuité du service public. Il ne pourra monter personnellement que Cyrano ou les Soleils de la raison de Claude Bonnefoy.
Périnetti sera élu en 1983 Secrétaire général de l'Institut International du Théâtre, organisation associée à l'UNESCO, et réélu jusqu'en 2004.
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle