VITOLD Michel
Pseudonyme de Vitold Sayanoff
Acteur et metteur en scène français.
Avec un visage d'oiseau au regard perçant, Michel Vitold possédait une voix unique, merveilleusement musicale. Il en usait comme le virtuose qu'il était, et chacune de ses compositions, surtout celles des personnages « slaves » et « tourmentés » qui étaient sa spécialité, possédait une inoubliable étrangeté.
Il est le fils d'un prince géorgien qui émigre d'abord en Turquie où, jeune garçon, élève d'un collège religieux, il apprend la langue française. Sa famille s'installe ensuite en France, à Chalon-sur-Saône, puis à Vichy. Là, son père se ruine et met fin à ses jours. L'adolescent fera divers petits métiers avant de suivre, à Paris, les cours de Dullin avec des élèves nommés Madeleine Robinson, Marais, Dufilho, Blin, et débute sous sa direction dans le rôle de Caton de Jules César de Shakespeare (théâtre de l'Atelier, 1937). Il suit les cours de Mme Bauer-Thérond, de Julien Bertheau, de Rouleau. Cocteau le remarque et lui confie les rôles d'Œdipe et celui de Merlin dans Les Chevaliers de la Table ronde. Ayant échoué deux fois au concours du Conservatoire, il entre dans la compagnie des Quatre-Saisons d'André Barsacq, qui joue à New York, puis crée à Paris Le Bal des voleurs d'Anouilh. Du même auteur, il crée Le Rendez-vous de Senlis (Atelier, 1941). La même année, il met en scène Jupiter, de Robert Boissy, avec sa compagne Jacqueline Bouvier, au théâtre Monceau. Bertheau le met en scène dans Les Revenants d'Ibsen (Théâtre de l'Humour, 1943).
Il crée, sous la direction de Rouleau, le rôle de Garcin dans Huis clos de Sartre, son plus grand succès, qu'il interprétera mille fois en vingt ans (Vieux-Colombier, 1944). Comme il met en scène la seule pièce de Simone de Beauvoir, Les Bouches inutiles (Bouffes du Nord, 1945), la romancière en fait un portrait-charge dans son livre à clefs, Les Mandarins. Après avoir mis en scène Morts sans sépulture de Sartre (Antoine, 1946), il est en Avignon avec Vilar pour la Shéhérazade de Supervielle (1948). Dans l'adaptation des Frères Karamazov, il incarne Ivan, avec Casarès et Michel Auclair. Ses mises en scène imposent de nouveaux auteurs : Betti (Pas d'amour, Noctambules, 1949 ; La Reine et les insurgés, Renaissance, 1956, avec Feuillère), William Saroyan (Mon cœur dans les Highlands, théâtre Hébertot, 1954), Loys Masson (La Résurrection des corps, Théâtre de l'Œuvre, 1952). Sa mise en scène de Douze hommes en colère (Gaîté-Montparnasse, 1958) est un succès, comme celle de la comédie de Somerset Maugham, Constance, avec Feuillère (théâtre Sarah-Bernhardt) est impressionnante. À la Comédie-Française, il a mis en scène Britannicus (1961) avec Hirsch et Ducaux, Crime et châtiment (1963), avec Duchaussoy et Seigner, Comme les chardons, de Salacrou, avec Ducaux. Pensionnaire en 1984, il incarne Auguste de Cinna. Il a fait ses adieux dans Contes bariolés, d'après les nouvelles de Tchekhov (Lucernaire, 1987).
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- Russie
- France
- 20ème siècle