FRANÇON Alain
Metteur en scène français.
Initié au théâtre par la Comédie de Saint-Étienne de Dasté, il y prend sans doute le goût du travail d'équipe. Il crée en 1971 un théâtre d'intervention et de créations collectives, le Théâtre Éclaté d'Annecy. À son menu des auteurs comme Gatti, Escudié, Kroetz, Strindberg, O'Neill, Cormann, Faulkner, Marie Redonnet. Alain Françon trouve son style dans une mise en scène remarquablement économe de l'Exception et la Règle de Brecht et un travail subtil en grisaille nordique sur Hedda Gabler d'Ibsen, affirmant ainsi ses préoccupations sociales et son attention aux personnages du mal de vivre. Il noue aussi des liens privilégiés avec Vinaver dont il aime l'écriture tramée sur les thèmes du quotidien. Il met en scène les Travaux et les Jours en 1979 à Annecy, l'Ordinaire au Théâtre national de Chaillot en 1983, les Voisins au Jardin d'Hiver à Paris en 1986. De 1989 à 1992 il dirige le CDN de Lyon-théâtre du Huitième où il impose dans un tempo au ralenti sa vision d'une société égoïste et ridicule chez Feydeau(la Dame de chez Maxim) et Offenbach (la Vie parisienne) . Il doit quitter le Théâtre du Huitième qu'on consacre à la danse et prend la tête du CDN de Savoie à cheval sur Annecy et Chambéry. Il y crée les œuvres de Bond, la Compagnie des hommes sur le monde implacable du capital et les Pièces de guerre présentées dans leur ensemble au festival d'Avignon 1994. Le minimalisme de sa mise en scène a servi intensément le ton apocalyptique de l'écrivain britannique. Il a monté enfin à la manière d'une tragédie antique la Remise, première pièce qu'avait écrite Planchon. La Comédie-Française avait fait appel à lui, en 1986, pour le Menteur de Corneille et, en 1993, pour le Canard sauvage d'Ibsen. Invité au cinquantième festival d'Avignon (1997), dans la cour du palais des Papes, Françon a réglé un Édouard II de Marlowe dont le dépouillement, dans la tradition de Vilar, laissait tout pouvoir à la parole et aux gestes des comédiens. Nommé en novembre 1996 à la tête du Théâtre de la Colline pour y succéder à Lavelli, il a imprimé sa marque dès la première saison en l'inaugurant avec la pièce de Bond, Dans la Compagnie des hommes dans une version plus radicale, et avec une œuvre du poète dramatique Durif, les Petites Heures. Dans la suite de ses créations, on retrouve Ibsen (Petit Eyolf en 2003) et ses auteurs contemporains favoris : Vinaver (King et les Huissiers en 1999, les Voisins en 2002) et surtout Bond (Café en 2000, le Crime du XXe siècle en 2001, Si ce n'est toi en 2003 , Chaise et Naître en 2006). À ces auteurs il faut ajouter Deutsch,Durif, Daniel Danis, Marius von Mayenburg, Ronald Goetz.
Attentif à la matérialité du texte et soucieux de la servir au plus juste, Françon a imposé sur la scène du Théâtre national de la Colline (qu'il quittera en 2010) un style tout à la fois d'austérité, de force et de poésie.
Bibliographie sélective
- Alain Françon , la voie des textes, histoires et entretiens par Odile Quirot, Arles : Actes Sud, DL 2015
Classement
Spécialité : 21ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle