Lehrstück
[pièce didactique]

Quand, en 1929, Brecht reprend, pour le Vol de Lindbergh (Lindbergh-Flug) et l'Importance d'être d'accord ou la pièce didactique de Baden-Baden (Das Badener Lehrstück vom Einverständnis), la vieille dénomination de Lehrstück, il entend d'abord désigner par là une forme de théâtre musical issue d'une « pratique artistique collective » (Hindemith). D'autres écrivains et compositeurs (Döblin et Ernst Toch notamment) l'adoptent aussi. Mais Brecht s'y attache : de 1929 à 1934, il écrit plusieurs « pièces didactiques » dont Celui qui dit oui/Celui qui dit non (Der Jasager, der Neinsager), la Décision (Die Massnahme), l'Exception et la Règle (Die Ausnahme und die Regel), les Horaces et les Curiaces (Die Horatier und die Kuriatier) et jette les bases d'une « théorie de la pièce didactique » : celle-ci a pour but moins de transmettre une leçon que d'enseigner à agir, et elle enseigne « du fait qu'elle est jouée, non du fait qu'elle est vue ». Selon certains commentateurs récents (notamment Steinweg), le Lehrstück constituait pour Brecht l'ébauche d'une forme radicalement nouvelle et démocratique de théâtre où il n'y aurait plus de partage entre acteurs et spectateurs et relevait de ce qu'il appelait la « grande pédagogie ». Une fois de retour à Berlin, en République démocratique allemande, Brecht envisagea de reprendre cette forme, mais ses projets de Lehrstück n'aboutirent pas. Müller qui prolongea, dans Mauser, la pièce didactique de Brecht, la Décision, constate dans un « Adieu à la pièce didactique » : « Que reste-t-il ? Des textes solitaires en attente d'histoire » (Hamlet-Machine).

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Lexique théorique et théoriciens

Zone(s) géographique(s) :
  • Allemagne
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
15/02/2024