RAMBERT Pascal

Nice, 1962

Auteur, acteur et metteur en scène français.

Entre 1984 et 2004, Rambert écrit, réalise, produit et diffuse principalement avec sa compagnie Side One Posthume Theatre : Désir et les Lits 1 (CDN de Nice, 1984), Météorologie (Espace Cardin, Paris, 1985), le Réveil (Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, 1987), les Parisiens (Festival d'Avignon, 1989), John et Mary (Théâtre des Amandiers-Nanterre, 1992), De mes propres mains (Théâtre en mai, Dijon, 1993), Long Island (ERAC, Cannes, 1996), Race (Octobre en Normandie, Rouen, 1997), Asservissement Sexuel Volontaire (2001) et Paradis (un temps à déplier) (2004, Théâtre national de la Colline). Deux exemples remarquables des épreuves et des factures d'artiste de Rambert : Gilgamesh ou l'Homme qui ne voulait pas mourir (2000) et After/Before (2005), Festival d'Avignon. L'un est présenté avec des acteurs américains, irakiens et français dans un champ de tournesols de dix hectares ; l'autre articule une performance en temps réel entre dix jeunes acteurs-performeurs et dix non-acteurs âgés de soixante-dix à quatre-vingt-cinq ans. La matière de ce spectacle est issue de plus de cinq cents entretiens filmés, réalisés à Tokyo, Londres, New York, Porto, Paris, Annecy, Avignon… Rambert s'est par ailleurs confronté à des œuvres d'auteurs qui lui paraissent essentiels : Léonce et Léna de Büchner (Théâtre de la Bastille, 1982), Félicité d'Audureau (C.D.N. d'Aubervilliers, 1994), l'Interview qui meurt de Fabre (Théâtre Royal Flamand, Bruxelles, 1994), W / DX4 dans mon lit, cut-up d'après le Journal d'Andy Wharhol et le Discours de la méthode de Descartes (Théâtre national de l'Odéon, 1994), Antoine et Cléopâtre de Shakespeare (M.C 93, Bobigny, 1995). Il a également mis en scène, avec une grande économie de moyens, Philomela , « music/théâtre » de James Dillon (Odéon, Ateliers Berthier, 2005).

Son travail brasse et dissèque nos affects touchant l'amour, le désir, la survie, les racismes, l'écoulement inéluctable du temps ou l'émerveillement de l'instant déplié, les obsessions de nos consciences en pleine déréliction. Dans ses opérations de déconstruction, il provoque à l'aléatoire, casse la représentation ordinaire, réaliste, mimétique, exhibe des acteurs-corps vibrant sur scène, expose des matériaux hétérogènes souvent rétifs au plateau, déplace les espaces et les dispositifs scéniques, déploie des performances esthétiquement non identifiées – « formes sans ornement » – à travers lesquelles les protagonistes, en liberté surveillée, élaborent leurs propres programmes, privilégiant l'interrogation radicale de la présence des spectateurs, sans cesse appelés et contestés. Son souci de la fabrique d'un rapport quotidien à l'art donne ainsi à entendre et à voir les bouleversements de l'existence à bout de nerfs, dramaturgies de l'aveu où chacun reconnaît le portrait en souffrance d'un Rambert jouissant de lui-même. Il a été nommé le 1er janvier 2007 à la direction du Théâtre de Gennevilliers (CDN).

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas 2008

Classement

Spécialité : 21ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
10/11/2023

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Pascal Rambert