RAFFAËLLI Michel
Peintre, musicien, scénographe, metteur en scène et auteur français.
Il débute comme scénographe en 1957 à l'Opéra de Marseille pour La Trilogie, opéras bouffes de Pergolèse et Sauguet (m. en sc. Jacquemont) et collabore avec le Théâtre Quotidien de Marseille. À Paris, il devient le scénographe privilégié de Vitez à ses débuts (Les Bains d'après Maïakovski en 1967 ; Les Miracles, d'après l'Évangile en 1974) tout en collaborant avec d'autres metteurs en scène (Lavelli pour Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, 1968). Il participe activement à la réflexion sur les mutations du lieu théâtral, notamment à Chaillot avec Fabre et Perrottet [voir Atelier d'urbanisme et d'architecture]. Sa scénographie relève le plus souvent alors d'une esthétique de la page blanche et du praticable nu, disponibles au jeu, à l'inscription, à la profération, au chant. Ainsi, le dispositif qu'il conçoit pour Le Dragon de Schwarz (m. en sc. Vitez, 1968) se présente comme un décor unique abstrait tout en blancheur, n'offrant aucune indication de localité.
L'éclairage permet de découper les zones nécessaires aux indications spatio-temporelles. Parfois, cela conduit à un dispositif qui matérialise ces zones de jeu simultanées qui sont autant de zones de lecture (La Passion du général Franco de Gatti, m. en sc. K. Braack, 1967, Kassel). Il n'est pas étonnant de le voir évoluer vers la mise en scène, le « théâtre-journalisme » et l'écriture en fondant le Théâtre-Chronique (1975-1983), après une première expérience (Carlos Fils décédé écrit avec J. Guglielmi, et m. en sc. avec Betty Raffaëlli, comédienne, en 1974). Dramaturgie du cadrage, scénographie de la littéralité, sens charnel de la musique s'assemblent pour concrétiser un « objet théâtral » singulier. La Bécane, ou Journal d'une ouvrière du papier (1975) illustre cette évolution qui l'amène vers le théâtre musical.
Son engagement pour la sauvegarde de l'identité culturelle des minorités, qui transparaît dans sa collaboration (scénographie et mise en scène) avec Serreau pour Le Printemps des bonnets rouges de P. Keineg (1972), se précise en même temps que sa passion pour la musique. Il fonde à Bastia en 1983 le Theatru di Musica a Testa Mora où il fait jouer A' Circà Moglia (La Demande en Mariage, 1986) de Tchekhov, dans une traduction de Dumenicu Antone Geromini, 1986). Mais ce Centre dramatique musical de la Corse doit cesser ses activités en 1992 faute d'aide locale. Raffaëlli se tourne alors vers l'édition musicale et la culture polyphonique corse, expression de sa constante attention pour le travail collectif, et de sa passion jamais démentie pour la musique.
Bibliographie sélective
- Fils Carlos décédé , [Avignon, Chapelle des Pénitents blancs, 1973] : chronique théatrale en 9 situations tirées d'un fait divers, Joseph Guglielmi, Betty Raffaëlli, Michel Raffaëlli ; trad. en portugais par José Viegas, Paris : Ed. Pierre Jean Oswald, 1974
- Raffaelli , expo, Musée Fesch, Ville d'Ajaccio, [du] 28-11-2002 [au] 28-02-2003, [catalogue par Jean-Marc Olivesi, Lucien Attoun, Marie-Joseph Arrighi-Landini], [Ajaccio] : Ville d'Ajaccio, [2002]
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle
- 21ème siècle