PIEMME Jean-Marie

Jemmeppe-sur-Meuse (Belgique), 1944

Dramaturge et auteur dramatique belge.

Après des études de lettres à Liège, il suit à Paris les cours de Dort. À lui et à Brecht, il avoue devoir beaucoup. Il revient à Liège pour mener, comme chercheur attaché à la Fondation nationale de la recherche scientifique (FNRS), une recherche sur la télévision, dont témoigneront plusieurs essais publiés. Membre fondateur de l'Ensemble théâtral mobile en 1974, aux côtés de Liebens, Louvet et Michèle Fabien, il en est le dramaturge et publie de nombreux essais dans des revues françaises, notamment Théâtre/Public, dont quelques-uns seront regroupés sous le titre Le Souffleur inquiet (1984). Professeur de dramaturgie à l'Institut national des arts du spectacle (INSAS) depuis 1979, dramaturge permanent au Théâtre royal de la Monnaie (Opéra national) auprès de Gérard Mortier de 1984 à 1988, et collaborateur dramaturgique occasionnel de Sireuil au Théâtre Varia depuis 1982, sa vie bascule en 1986 avec l'écriture et la création de sa première pièce, Neige en décembre, à laquelle succéderont, pour former une sorte de trilogie, Commerce gourmand en 1989 et Le Badge de Lénine en 1991, trois pièces de l'adieu au marxisme et à une certaine idée de la politique militante. Au blocage de l'Histoire répond alors la tentation de la violence et du terrorisme : séquestration, torture mentale et prise d'otage. Après Sans mentir (1988), une farce politique récréative, Piemme renoue avec un projet plus ambitieux, celui d'une tétralogie à laquelle il donnera rétrospectivement le titre de Ciel et simulacre : On dirait des vrais (1993), Copie couleur (1994), Sauts d'obstacles (1994) et Les Yeux inutiles (1993). Après la création au Festival d'Avignon de Scandaleuses, une pièce aux connotations tchékhoviennes plus autobiographique et plus intime (1994), Piemme s'oriente vers un théâtre critique aux accents parfois satiriques qui traite de la Belgique contemporaine, de la montée de l'extrême droite, du fascisme et du racisme ordinaires : Les Forts, les Faibles (1995), Café des patriotes (1998), 1953 (1998), Toréadors (1999), Emballez, c'est pesé (2001), Boxe (2003), Dialogue d'un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis (2007), Villa Congo (2008). Le théâtre de Piemme, qui est aussi un « théâtre de l'histoire du théâtre » (une histoire perçue à partir de la scène), s'organise toujours, de façon plus ou moins linéaire, autour d'un collage de fragments qui donne simultanément, presque jusqu'au malaise, l'illusion de la continuité et le vertige de l'éclatement.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • Belgique
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
14/02/2024

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