Arletty [archive 1]
Pseudonyme de Léonie Bathiat

Courbevoie 1898 - Paris 1992

Actrice française.

Fille d'une lingère et d'un conducteur de tramway, elle devient tourneuse d'obus, dactylo, mannequin. Remarquée dans la rue par le marchand de tableaux Paul Guillaume, elle débute en « petite femme » de revue (CGT Roi, Capucines, 1919). Silhouette de « haricot vert » selon Rip, fin visage aux beaux yeux, voix haut perchée, accent volontiers parigot : Arletty joue une quarantaine de revues, d'opérettes, de comédies, signées Rip (Le Scandale de Deauville, Capucines, 1920), Tristan Bernard (Ce que l'on dit aux femmes, Capucines, 1922), Guitry et Reynaldo Hahn (Ô mon bel inconnu, avec Simone Simon, Bouffes-Parisiens, 1933), A. Willemetz (Les Joies du Capitole, en Agrippine, avec Michel Simon en Néron, Théâtre de la Madeleine, 1935). Cocteau écrit pour elle L'École des veuves (ABC, 1936), et Édouard Bourdet (Fric-frac, Michodière, 1936). Au cinéma, depuis 1930, Arletty joue de nombreux seconds rôles d'après des comédies à succès : Le Voyage de M. Perrichon d'après Labiche, Amants et Voleurs d'après Tristan Bernard, Messieurs les ronds-de-cuir, Désiré de Guitry (1937), Fric-frac, Madame Sans-Gêne. Actrice fétiche du cinéaste Marcel Carné, elle triomphe dans Les Visiteurs du soir et Les Enfants du paradis.

Elle revient au théâtre en 1949 dans un rôle tragique, Blanche Du Bois (Un tramway nommé Désir de Williams, m. en sc. Rouleau, Édouard VII). Avec le même metteur en scène, elle crée La Descente d'Orphée (Athénée, 1959). Après des rôles de comédie – tante Alicia dans Gigi de Colette (1954), Agrippine dans L'Étouffe-chrétien de Félicien Marceau (1960) –, elle tient un bordel dans Un otage de Behan (m. en sc. Georges Wilson, Odéon, 1962, avec Renaud). Elle fait ses adieux en 1966 dans Les Monstres sacrés de Cocteau (m. en sc. Henri Rollan, Ambassadeurs). Arletty, bien au-delà de ses plus beaux rôles, symbolise la femme libre. Colette : « Le moindre charme d'Arletty n'est pas d'inquiéter. » Cocteau : « Arletty miroite. Elle est éclairée de l'intérieur. » Mauriac, sur l'héroïne des Enfants du paradis : « Cette Joconde, ce lac vivant, où affleure le drame d'une vie, de plusieurs vies. »

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
05/02/2024