APERGHIS Georges [archive 1]

Athènes 1945

Compositeur de musique, fondateur en 1976 à Bagnolet de l’ATEM (Atelier théâtre et musique) où il invente une formule originale de théâtre musical.

Son premier spectacle, Une bouteille à la mer, créé pour acteurs-chanteurs-musiciens, s’inscrit dans le cadre d’une ville de banlieue pour laquelle Aperghis multiplie en 1978-1979 les petits spectacles, notamment de rue, et les interventions dans les écoles et les centres de loisir. Il y accomplit une véritable révolution de la pédagogie musicale en mêlant jeu et voix, instruments (percussions surtout) et humour. Aperghis pratique le « détournement », car « détourner les objets, les idées, les sons constitue pour nous, dit-il, l’essentiel de nos désirs artistiques » ; ou encore : « Nous voulions travailler sur le théâtre et la musique, sans vouloir repasser par les règles de l’opéra. »

Dès 1974, dans De la nature de l’eau, Aperghis truffe sa musique d’éléments vocaux et parlés et y intercale de véritables scènes de drame. La symbiose du texte et du son, puis du geste, se fait intime au cours des ans avec, pour points culminants, Récitations (m. en sc. Rostain, Festival d’Avignon, 1982) et Conversations (1985). La Tour de Babel (1986) est « un point d’aboutissement de son travail, sorte de somme, de perfection dans ce va-et-vient incessant entre texte, action scénique et imaginaire » (J.-P. Hodant). De fait, dans cette œuvre, neuf participants, à la fois chanteurs, acteurs, instrumentistes et danseurs, inventent un langage virtuel, produit du mélange de vocables multiples où des voix essaient de nouer des rapports dans un univers aquatique, cosmique peut- être.

Accueilli par Vincent au Théâtre des Amandiers de Nanterre, l’ATEM continue d’étonner et de se renouveler avec H, litanie égalitaire et musicale (1992) et Sextuor (1993) pour cinq chanteuses et une violoncelliste, avec Tourbillons, œuvre pour soprano constituée de « six tourbillons, cinq calmes plats et trente-six prières d’insérer » (1995). Il y aura encore Commentaires (Festival d’Avignon, 1996), en collaboration avec Minyana, œuvre pour musiciens, chanteur et acteur, avant qu’en septembre 1997 Aperghis abandonne la direction de l’ATEM qui aspire à devenir un grand centre européen de théâtre musical dirigé par Antoine Gindt. Pour sa part, Aperghis est devenu compositeur en résidence au conservatoire de Strasbourg : avec ses élèves, il a élaboré une nouvelle œuvre originale, Strasbourg instantanés. En 2000, avec la collaboration de François Regnault, Aperghis compose Machinations, où les voix de quatre femmes, manipulées par ordinateur, émettent des phonèmes « ancêtres de la parole humaine qui se composent peu à peu en contrepoint et forment, selon les différentes mixtures, des “langues” » (Aperghis). Nouvelle expérience, en 2002, à partir de Paysage sous surveillance de Müller, avec deux comédiens et les solistes de l’ensemble Ictus, en « dialogue » avec un film vidéo.

Voir MUSICAL.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • Grèce
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
05/02/2024