ADRIEN Philippe [archive 1]

Savignies 1939 - Villecresnes 2021

Metteur en scène et auteur dramatique français.

Dans les années soixante et soixante-dix, il se manifeste plutôt comme auteur dramatique avec En passant par la Lorraine (1965), La Baye (1967) – sa pièce la plus connue, reprise en novembre 1996 dans une mise en scène de Pelly –, La Révélation (1969), Albert Ier (1970), Les Bottes de l'ogre (1974), Le Défi de Molière (1979). En même temps, il propose des mises en scène, tant d'auteurs dits classiques que contemporains. C'est ainsi qu'il passe de George Dandin (1977), Dom Juan (1978), Monsieur de Pourceaugnac (1981) de Molière, de La Méprise et Les Acteurs de bonne foi de Marivaux (1987), de La Vénus à la fourrure de Sacher-Masoch (1987) à des auteurs comme Philippe Madral (Qu'est-ce qui frappe ici si tôt ?, 1973), Handke (Le Pupille veut être tuteur, 1975), Müller (La Mission, 1982), Cormann (Ke Voï ?, 1985). Sans oublier les adaptations d'Adrien lui-même : L'Excès d'après Georges Bataille (1973), L'Œil de la tête Effet Sade (1975), Une visite d'après Kafka (1980). On peut considérer Adrien comme l'un des rares metteurs en scène d'aujourd'hui à se situer du côté du théâtre de recherche ; son terrain d'investigation favori est le traitement théâtral des rêves. Sa carrière en dents de scie présente comme points forts : La Poule d'eau de Witkiewicz (1980), Rêves d'après Kafka dans l'adaptation de Cormann (1984), Des aveugles d'Hervé Guibert (1986), Drames de la vie courante de Cami (1988), Les Bacchantes d'Euripide (1991), En attendant Godot de Beckett (1993). De 1993 à 2004, il est professeur au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. En 1996 il prend la direction du Théâtre de la Tempête et s'emploie à cultiver « l'étrange », au sens large du terme, afin de travailler sur et avec la différence : mise en scène, en 2001, du Malade imaginaire et du Procès (Kafka) avec la compagnie du Troisième œil, en partie constituée d'acteurs handicapés dont le handicap est intégré dans la dramaturgie. Avec des acteurs africains, Adrien monte une adaptation par Raymond Queneau de L'Ivrogne dans la brousse d'Amos Tuola et c'est avec des acteurs congolais qu'il propose une pièce de Ph. Auger, Mélédouman (2005).

Éclectique, Adrien passe de Llamas (Gustave n'est pas moderne, 1994) à Cormann (Diverses Blessures, 1995) et à Alain Bédouet (Kinkali, 1997) ; de Brecht (La Noce chez les petits bourgeois, 1995, dont il offre une version optimiste) à Shakespeare (Hamlet, 1996, soumis à une interprétation psychanalytique d'une grande cohérence) et à Genet (Les Bonnes, 1997, où il prend le spectateur au piège d'un réalisme halluciné).

Bibliographie sélective

  • "L'aire du jeu" , L'Art du théâtre, n° 8, P. Adrien, Arles : Actes Sud, 1988
    Ajouter à Mon Corvin
Rédacteur(s)
Édition Bordas 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
  • 21ème siècle
Ajouter à Mon Corvin
Imprimer Partager
Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
30/01/2024

Voir aussi

Version publiée
Adrien Philippe

Pour aller plus loin

recherche.artcena.fr
Philippe Adrien