Épidaure

Le théâtre grec d'Épidaure est l'un des plus parfaits du monde antique. Il fut édifié par l'architecte Polyclète, au milieu du IVe siècle av. J.-C. ; il avait travaillé à Athènes et a pu bénéficier des mises au point réalisées au théâtre de Dionysos qui fut le lieu expérimental où s'élabora l'architecture du théâtre grec classique. Polyclète fut par ailleurs un élève de Pythagore et la perfection mathématique du théâtre d'Épidaure n'est peut-être pas étrangère à ce fait. Polyclète n'hésita pas à corriger les accidents du terrain et l'irrégularité de la colline sur laquelle il s'appuyait par des travaux de terrassement.

Le theatron, qui pouvait recevoir quatorze mille spectateurs, est divisé en deux étages séparés par un palier (diazôma). L'étage inférieur comprend douze kerkidès séparés par treize escaliers. À l'étage supérieur ces rangées sont symétriquement divisées en deux dans l'alignement des premières, les rangées des extrémités étant supprimées. On a fait remarquer que les nombres des gradins du premier et du deuxième étage sont dans le rapport du nombre d'or : trente-trois gradins en bas, vingt et un en haut. L'inclinaison moyenne des gradins est de 30o. Malgré les remaniements subis à l'époque romaine la forme circulaire de l'orchestra est parfaitement visible encore aujourd'hui, avec sa ceinture de pierre et l'emplacement de la thymélê au centre. Le bâtiment de scène fut modifié durant la période hellénistique : un proskênion fut élevé devant le mur de scène et une porte monumentale et richement décorée fut aménagée à l'entrée des parodoi. Seul le bâtiment de scène fut remanié à l'époque romaine et l'ensemble de l'édifice, notamment le theatron , échappa aux mutilations que durent subir la plupart des autres théâtres grecs.

Le théâtre d'Épidaure dut sa fortune au sanctuaire d'Asclépios, le dieu guérisseur, auquel il était associé. La plupart des sanctuaires d'Asclépios abritèrent un théâtre : c'est le cas à Athènes où le théâtre de Dionysos fait la jonction entre le sanctuaire de Dionysos en bas de l'Acropole et un sanctuaire d'Asclépios à mi-pente. C'est le cas à Pergame, où un théâtre plus petit fut édifié dans l'enceinte même d'un sanctuaire d'Asclépios. La relation entre le culte du dieu guérisseur et le théâtre n'a pas été élucidée : la fameuse catharsis aristotélicienne, cette « purgation » des passions, aurait-elle eu également, selon les anciens, un effet thérapeutique ? La question pourrait être posée.

Le théâtre d'Épidaure est aujourd'hui le lieu d'un festival de théâtre antique qui attire chaque été une population considérable de Grecs et d'étrangers.

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Antiquité - 16ème siècle

Période(s) :
  • Antiquité grecque
  • Antiquité romaine
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
21/02/2024