TANGUY François
Homme de théâtre français.
C'est au début des années 1980 que le chemin de Tanguy a rejoint celui d'une jeune compagnie installée au Mans depuis 1976, le Théâtre du Radeau . Depuis, ensemble – Tanguy s'est imposé sans heurt comme directeur de troupe et metteur en scène – ils ont profondément marqué de leur empreinte le paysage théâtral contemporain. En un quart de siècle leur propos, d'une réelle cohérence, n'a fait qu'approfondir le même sillon. Leurs spectacles ne cessent de questionner la matière même du théâtre dans des architectures scénographiques toujours très élaborées sous des apparences de bricolage, et proposent de véritables parcours dans le monde du sensible.
« À l'heure du crépuscule, le Radeau remonte le théâtre [et le temps, ndlr] à ses sources ancestrales, archaïques et primitives ». Rien d'étonnant si ces spectacles conçus à partir de textes classiques (Dom Juan, 1982 ; le Songe d'une nuit d'été, 1985), se saisissant et travaillant à partir de figues mythiques comme celle de Faust (Jeu de Faust, 1987), de Woyzeck (Fragments forains, 1989) ou de Kafka (Bataille du Tagliamento, 1996), nous touchent de plein fouet.
Les spectacles de Tanguy ressemblent au parcours de ses années de formation ; ils semblent faits de bric et de broc (il est passé par la faculté de Caen, s'est retrouvé entre Rome et New York, a été ici et là), mais possèdent cependant une solide assise, textuelle notamment, même si n'arrivent sur le plateau que des bribes de phrases ou du sabir, le tout sans cesse enveloppé, interrompu par de profonds mouvements musicaux. À cet égard les titres de ses dernières productions sont éloquents : Chant du bouc, 1991 ; Choral, 1994 ; Orphéon, 1998 ; Cantates, 2001 ; Coda, 2004, Ricercar, 2008.
Tanguy et le Théâtre du Radeau ont aménagé en 2004 un lieu unique en France, la Fonderie. Ils y accueillent d'autres compagnies (comme le groupe Tch'ang de Gabily naguère), organisent des ateliers, des débats… La Fonderie est un lieu ouvert sur le monde et ses turpitudes (Tanguy a été très engagé lors du conflit en ex-Yougoslavie). Leurs productions qui sont autant de déflagrations poétiques, entendent opérer dans le présent de la représentation, être au sens strict du terme des présentations, car « le moment du théâtre, ce n'est pas le moment qui dit la vérité, c'est le moment de cette vérité […] C'est l'instant qui comparaît ».
Bibliographie sélective
- François Tanguy et le Théâtre du Radeau , Bruno Tackels, Besançon : les Solitaires intempestifs, impr. 2005
- François Tanguy et Le Radeau , articles et études, Jean-Paul Manganaro ; [avec des dessins de François Tanguy], Paris : POL, impr. 2008
Classement
Spécialité : 21ème siècle