MONTHERLANT Henry Millon de

Paris, 1895 - 1972

Poète, romancier, essayiste et auteur dramatique français de seize pièces.

Classique d'écriture et de composition, il possède une personnalité complexe et cherche à mettre en valeur toutes les « composantes », en affirmant son droit de « garder tout en composant tout » (Les Olympiques), de « faire alterner en lui-même la Bête et l'Ange » (Aux fontaines du désir) : de là découle la variété de son inspiration, chrétienne et profane à la fois. C'est la veine chrétienne en même temps qu'historique qui lui apporte la gloire : Le Maître de Santiago (1947) met en scène, à Avila en 1549, don Alvaro Dabo retiré dans son château pour mener une vie solitaire et pieuse ; il déteste ce nouveau monde conquis par son pays, où tout est « impureté et ordure » ; Port-Royal (1954) se passe au monastère janséniste de Port-Royal, où l'archevêque de Paris tente de faire signer aux religieuses un formulaire condamnant les propositions « hérétiques » de Jansénius ; Le Cardinal d'Espagne (1960) représente une époque triste de la vie de l'Espagne en 1555 : la reine Jeanne la Folle révèle à son Premier ministre, le moine et cardinal Cisneros, la totale vanité du monde et de l'action face à la volonté de Dieu. Dans la veine profane, il faut mettre à part les trois drames « en pourpoint » : La Reine morte (1942), première pièce représentée, est fondée sur l'histoire vraie de l'assassinat d'Inés de Castro sur l'ordre de don Ferrante, roi du Portugal ; Malatesta (1946) reconstitue l'atmosphère de la Renaissance italienne, et Don Juan (1958) est une nouvelle version de la légende. Quant aux drames « en veston », ils se déroulent dans le monde moderne, et montrent le refus par le dramaturge de la médiocrité et de la décadence de son temps : L'Exil (1929), Fils de personne (1943), Demain il fera jour (1949), Celles qu'on prend dans ses bras (1950), Brocéliande (1956).

Auteur dramatique classique par la place donnée à la psychologie, mais proche du drame par les moments tragiques, les effets de surprise et la volonté de souligner « l'incohérence des caractères », Montherlant « explore » avec acuité les âmes. Il exalte la résistance intérieure et la grandeur inhumaine, allant jusqu'à la sublimation ; si « tout est vanité », il constate avec Mariana, fille du Maître de Santiago : « Un rien imperceptible et tout est déplacé », et avec sœur Angélique, dans Port-Royal, cet écrivain incroyant affirme : « La vérité de Dieu demeurera éternellement. » Nul n'est monté aussi haut que Montherlant dans la glorification de l'âme sur le corps, de la grandeur sur la faiblesse : son lyrisme mystique, son rigorisme théâtral entraînent l'esprit vers des hauteurs qui forcent l'admiration.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas, 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 19ème siècle
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
24/02/2024