MAILLAN Jacqueline
Actrice française.
Elle a commencé dans le burlesque, voire le loufoque (au cabaret et chez les Branquignols) et c'est peut-être dans ce milieu et dans ce style de jeu qu'elle aurait pu donner le meilleur d'elle-même. Elle a vite été happée par le Boulevard qui a su exploiter sa présence scénique et ses dons de métamorphose à vue à tel point que Barillet et Grédy, par exemple, écrivent pour elle des sortes de pièces à tiroirs où elle puisse faire montre et de son dynamisme et de son aisance à changer de peau (Potiche, Folle Amanda, Lily et Lily). A-t-on assez dit qu'elle était une « nature », le « Stromboli de notre Hexagone théâtral » (J. Mara), une « bourrasque » (J.-J. Gautier) ; elle est de ces « vedettes qu'on applaudit avant même qu'elles aient ouvert la bouche » (G. Dumur). D'où des succès pour toutes les pièces qu'elle a prises en main (Croque-Monsieur de Marcel Mithois, La Facture de Dorin entre dix autres).
Sans doute se laisse-t-elle aller à sa facilité ; son jeu a été bien analysé – qualités et défauts – par Pierre Marcabru disant : « Aux frontières du burlesque, elle va son chemin, proposant tout un stock d'effets, de clins d'œil et d'astuces une fois pour toutes mises au point et dont la répétition mécanique porte son public au comble du bonheur. » Maillan joue de toutes les cordes sensibles qui sont souvent de grosses ficelles de théâtre, mais le public apprécie chez elle, comme chez Lefebvre, une sorte de désinvolture qui lui fait tenir à bout de bras tous ses personnages, et d'auto-ironie qui ramène constamment le théâtre à un jeu. Son abattage, bien exploité par Koltès dans Le Retour au désert (m. en sc. Chéreau, 1988) n'occulte pas, dans cette pièce, ce que sa vis comica pouvait contenir de violence, voire de brutalité.
Bibliographie sélective
- Jacqueline Maillan , Barillet & Pessis, Périgueux : Éd. Chronique Dargaud, impr. 2008
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- 20ème siècle