BANU Georges
Critique, essayiste et professeur à l'Institut d'études théâtrales de l'Université Paris III-Sorbonne Nouvelle.
Après des études de théâtrologie au Conservatoire de Bucarest, Banu fait ses débuts d'essayiste en Roumanie, dans les principales revues culturelles. En France, il mène ensuite une carrière de critique, d'essayiste et d'universitaire. À l'Institut d'études théâtrales de la Sorbonne Nouvelle, où il enseigne depuis 1974, il a formé de nombreux étudiants à l'analyse des spectacles, des lieux du théâtre et des grands metteurs en scène, tout en leur transmettant sa précieuse expérience de spectateur inlassable, à l'échelle du monde entier.
Interlocuteur privilégié des artistes, proche de Vitez avec lequel il a collaboré et dirigé la Revue du Théâtre de Chaillot, de Brook auquel il a consacré de nombreux textes, Banu entretient un dialogue constant avec metteurs en scène, scénographes et acteurs, soit dans le cadre de manifestations européennes, soit avec l'Académie expérimentale des théâtres dont il fut le cofondateur et le directeur artistique, soit encore au Festival d'Avignon, où il anime depuis plusieurs années des rencontres avec le public. De nombreux ouvrages en témoignent, qui prennent pour objets la mise en scène, le lieu théâtral, la scénographie ou l'art de l'acteur. C'est plus particulièrement dans le cadre d'une réflexion qu'il mène dès les années 1980 sur les rapports entre Occident et Orient qu'il écrit en 1991, après un séjour au Japon, L'Acteur qui ne revient pas.
Rédacteur en chef d'Alternatives théâtrales, collaborateur régulier d'Art press, responsable chez Actes Sud de la collection « Le Temps du théâtre », Banu occupe une position médiane entre l'université et le théâtre, se définissant lui-même comme un « universitaire impliqué ». Notre Théâtre, « La Cerisaie », l'ouvrage qu'il consacre à Tchekhov en 1999, ne cesse ainsi d'osciller entre texte et représentation, mettant en jeu une écriture critique que travaille de l'intérieur un regard aigu, posé sur le monde. Sur les traces de Bachelard ou encore de Cioran, il réfléchit sur la mémoire ou sur l'oubli, décode les conventions du rideau ou de l'homme vu de dos, compose des variations sur la nuit, côté peinture, côté théâtre. « Chroniqueur de légende » comme titre le journal suisse Le Temps en juin 2005, Banu est décisivement un passeur de théâtre et de cultures.
Bibliographie sélective
- L'acteur qui ne revient pas , journées de théâtre au Japon, Georges Banu ; postf. de Jean-Jacques Tschudin, [Paris] : Gallimard, 1993
- Le rideau ou La fêlure du monde , Georges Banu, Paris : A. Biro, 1997
- Notre théâtre, "La Cerisaie" , cahier de spectateur, Georges Banu, Arles : Actes Sud[Paris] : Académie expérimentale des théâtres, 1999
- Les cités du théâtre d'art , de Stanislavski à Strehler..., sous la dir. de Georges Banu, [Paris] : Académie expérimentale des théâtres, 2000
- Peter Brook , vers un théâtre premier, Georges Banu, [Paris] : Seuil, impr. 2005
Classement
Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle
- France
- Roumanie
- 20ème siècle
- 21ème siècle