AYMÉ Marcel [archive 1]

Joigny 1902 - Paris 1967

Romancier, conteur, nouvelliste et auteur dramatique français.

Il s'est fait connaître tardivement au théâtre : Lucienne et le boucher, écrit en 1932, n'a été joué qu'en 1948. À partir de 1950 et pendant une quinzaine d'années, les créations se succèdent : Clérambard (1950), La Tête des autres (m. en sc. André Barsacq à l'Atelier, 1952), Les Quatre Vérités (1954), Les Oiseaux de lune (1955), La Mouche bleue (1957), Louisiane (1961), Les Maxibules (1962), La Convention Belzébir (1966). Il y a deux hommes bien différents en M. Aymé : le poète rêveur et imaginatif, le satirique mordant et gaulois ; il y a un monde entre Delphine et Marinette, conte aérien, et La Jument verte, pétri de glaise épaisse. Au théâtre, les deux veines d'Aymé confluent, encore que la seconde l'emporte de loin : Aymé a la main lourde (et l'invention dramaturgique s'en ressent) à l'égard de la justice (La Tête des autres) ou de l'« American way of life » (La Mouche bleue) ; et Lucienne et le boucher est une Jument verte qui commence en fabliau et se termine en mélodrame. Zélateur d'un bon sens français solide mais étroit, Aymé s'en prend aux vices comme tout moraliste, mais aussi aux vertus qui tournent au ridicule voire à l'odieux dès qu'elles deviennent excessives : telle la bonté de Clérambard.

Mais le meilleur d'Aymé apparaît quand le fantastique, le merveilleux se mettent au service de la satire et l'irisent. Ainsi dans Les Oiseaux de lune où ce rêveur de Valentin, à force de lire des romans, a acquis le pouvoir de transformer en oiseaux, de « volatiliser » tous les gêneurs. Pouvoir, hélas ! qui ne dure que le temps d'une lunaison. Ainsi dans La Convention Belzébir qui prend les préjugés et les mensonges sociaux au piège de l'imaginaire : il y est fait obligation de tuer son semblable, mais en respectant tout un code civil du meurtre ; la surimpression d'une légalité pointilleuse et d'une pulsion de mort permanente démasque, en inversant l'image convenue des rapports humains, la fragilité de la prétendue civilisation. Aymé est amer parce que lucide et son rire se mue vite en sarcasme.

Bibliographie sélective

Rédacteur(s)
Éditions Bordas 2008

Classement

Spécialité : Deuxième moitié du 20ème siècle

Zone(s) géographique(s) :
  • France
Période(s) :
  • 20ème siècle
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Date 1ère mise en ligne
Dernière modification
05/02/2024

Pour aller plus loin

BNF Documentation
[Photographies et dessins] Recueil. Portraits de M. Aymé.
recherche.artcena.fr
Marcel Aymé